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Le Café-Contacts conférences sur le mentorat – comme si vous y étiez!

30 octobre 2020

Le 17 septembre 2020, la Fondation Qualife a présenté au public son programme de mentorat d’insertion professionnelle. Synthèse des présentations et échanges.
Cette conférence a réuni une centaine de personnes, toutes intéressées par la thématique du mentorat d’insertion professionnelle. Cela a été l’occasion pour la Fondation Qualife de vernir son « guide du mentorat » et de donner la parole à quatre intervenant∙e∙s venu∙e∙s apporter leur témoignage. Afin de revivre cette matinée comme si vous y étiez, voici une présentation des informations les plus intéressantes.
Après une introduction du directeur du programme 50+, Eric Etienne, et un rappel du contexte dans lequel le mentorat a été développé, la parole est donnée à Sandrika Luce-Scheftsik, la coordinatrice du programme de mentorat. En février 2016 démarre officiellement le programme de conseil en emploi au pôle 50+, deux ans après celui du pôle -25. Le mentorat est déjà bien en tête et l’équipe constate qu’il y a peu d’expériences de mentorat à Genève, contrairement à ce qui se passe au Canada. Le programme de mentorat débute alors dans une phase exploratoire. Le premier Café-Contacts conférences sur le mentorat a lieu en février 2017, son objectif étant de tester l’intérêt d’un tel concept à Genève puis de lancer un programme pilote, grâce à l’engagement de plusieurs clubs Rotary. Il est alors temps de faire un joyeux bilan: 24 binômes sur-mesure ont été créés, 12 retours en emploi sont à fêter et un contrat d’apprentissage a été signé. Chaque année a eu lieu une rencontre basée sur le partage d’expérience entre les mentors. Finalement, le guide du mentorat est achevé en août 2020.
Le but d’un tel guide est de fournir des pistes concrètes aux structures qui souhaitent lancer un projet similaire. Il comprend neuf parties pour permettre de réaliser le déroulement d’un programme de mentorat complet. Il met l’accent sur le cadre, la relation au sein du binôme et le rôle de la coordination. De lecture agréable et avec de nombreux schémas, le guide est téléchargeable en ligne.
S’en suivent quatre témoignages de mentors et mentorés, apportant chacun leur perspective sur le mentorat.

Gilberto Ferri – Retraité, ancien formateur apprenti∙e∙s HUG

Le premier témoignage est celui d’un mentor ayant accompagné un jeune participant de 21 ans, Rabin Barua. Rabin avait pour objectif de décrocher une place d’apprentissage en tant qu’employé de commerce. Ancien formateur d’apprenti∙e∙s aux HUG, Gilberto Ferri l’a mentoré pendant 5 mois, avec une rencontre par semaine. M. Ferri insiste sur l’aide apportée par le tableau des objectifs rempli ensemble en début de mentorat: le fait de respecter les délais et objectifs fixés est essentiel pour avancer. Qu’est-ce qui fait un∙e bon∙ne mentor∙e? Selon M. Ferri ce sont ses qualités humaines, mais également l’aide sur le plan du suivi administratif et un deuxième regard sur les dossiers de candidature. Il relève l’importance de rassurer la personne mentorée et de l’aider à garder la motivation malgré les réponses négatives. M. Ferri souligne la persévérance de Rabin qui, alliée à ses qualités, lui a redonné confiance dans son projet professionnel. M. Ferri a partagé avec Rabin son expérience et lui a donné des conseils pour mettre toutes les chances de son côté lors des entretiens d’embauche. M. Ferri précise qu’un soutien moral est important surtout lors des moments plus difficiles : il revient à la mentore ou au mentor de rassurer la personne mentorée sur ses capacités. Le mentorat représente au final une expérience très positive : Rabin a signé un contrat d’apprentissage chez Rolex et M. Ferri l’a vécu comme «la cerise sur le gâteau de sa vie professionnelle».

Andrea Pozzo – Consultant

M. Pozzo a été accompagné par Qualife qui l’a aidé à comprendre ses actions en lien avec sa posture professionnelle. Il hésitait à trouver un emploi ou continuer comme consultant. Pour réfléchir à la réalité du marché, il a eu la volonté d’entrer dans une relation mentorale de 4 à 5 mois avec un rendez-vous mensuel. Le processus a débuté par une réunion quadripartite pour définir ses objectifs, puis plusieurs rencontres ont eu lieu, couronnées par une bonne entente personnelle et une vision partagée du monde professionnel. Le mentor a posé les questions que le marché pose, sans le laisser s’échapper, en le ramenant dans le cadre, toujours avec beaucoup de transparence, respect et bienveillance. Selon M. Pozzo, les apports aux mentoré∙e∙s sont les suivants: se voir comme dans un miroir qui renvoie l’image qu’on cherche à donner, que l’on doit accepter, ce qui aide à se positionner entre deux postures. Grâce à son mentor, M. Pozzo a identifié son positionnement. Cela en a été fini avec l’opposition consultant/salarié, qui a été remplacée par la complémentarité. Ses conseils pour les futur·e·s mentor∙e∙s : prendre en compte la peur des mentoré∙e∙s, aider à définir les objectifs qui apporteront des résultats concrets, aider à avoir une vision globale, s’adapter et évoluer avec la∙le mentoré∙e, faire avec lorsque parfois la mise en action est difficile. Conseil pour les mentoré∙s: penser à son attitude face à son échec professionnel car il est possible de rebondir. Il est aussi essentiel d’oser la transparence, de traiter une seule problématique à la fois. Il souligne l’importance du travail en équipe : intégrer la·le conseiller·ère Qualife continuellement dans un effort commun, se faire confiance, faire confiance à Qualife et à son·sa mentor∙e. Le mot de la fin sonne comme un appel à l’empowerment : soyez le moteur de votre propre mentorat!

François Pierre Lemer – Directeur de projets dans le secteur informatique

M. Lemer a mentoré une personne du même secteur professionnel que lui, qui avait travaillé dans un autre pays et qui avait besoin travailler sa posture vis-à-vis du marché du travail. En effet, «il ne parlait pas de sa contribution et n’osait pas montrer sa valeur. Plusieurs séances ont été nécessaires jusqu’à compréhension de ce ce qu’il a à offrir sur le marché du travail». Ils se sont rencontrés toutes les 2 à 3 semaines pendant 4 mois. Le mentorat a dû être stoppé pour des raisons personnelles, et cela a été vécu comme une frustration, car plusieurs étapes avaient été franchies, jusqu’à permettre au mentoré de cibler les postes auxquels il pouvait postuler et d’en exprimer les raisons. Sa démarche de recherche d’emploi était désormais structurée grâce à une nouvelle manière de se présenter et d’exposer clairement la fonction qu’il pouvait/voulait occuper. Grâce au mentorat, il lui a été possible de se projeter dans un métier. En ce qui concerne le contenu des séances, malgré une impression de ne faire « que » du brainstorming, c’est finalement cela qui a permis la construction du projet professionnel. A la question « est-ce que le mentorat, c’est du piston? » M. Lemer a affirmé qu’il lui a fallu 4 mois pour le mettre en relation avec son employeur, dans la perspective de lui permettre de présenter son profil. En effet, il a été judicieux de mettre en relation le mentoré avec son service de recrutement car il a constaté qu’il était proche de l’emploi et avait la maturité de présenter sa candidature en toute sérénité.
En devenant mentor, M. Lemer a pu rendre service et s’investir dans une belle expérience humaine. Ayant la chance d’avoir un travail, cela lui a fait plaisir de transmettre sa connaissance du marché genevois. S’il avait un conseil pour les futur∙e∙s mentor∙e∙s, ce serait : « Attendez-vous à être surpris∙e∙s, ça ne va pas se passer comme vous l’imaginez, et allez-y sans a priori ».

Hossein Efterkhari – Directeur Marketing à la Barclay’s Bank

Dans cet établissement bancaire, le mentorat est une action connue et reconnue, bénéficiant du soutien des lignes hiérarchiques et largement apprécié par les collaborateurs et collaboratrices. Le programme a pour objectif de retenir les employé∙e∙s ou les aider à s’orienter vers d’autres évolutions de carrière au sein de la société, de leur permettre de s’affirmer et de « gravir les échelons ». En interne, des collaborateurs deviennent les mentors d’un.e collègue pendant un laps de temps défini à l’avance, ciblant un besoin spécifique. Initialement mis en place par des femmes en collaboration avec le département des ressources humaines, le mentorat est devenu un véritable complément à la formation continue. Il permet de répondre aux améliorations soulevées et souhaitées lors des évaluations annuelles. M. Eftekhari donne l’exemple de sa propre situation. Ayant noté son besoin d’améliorer ses compétences en rédaction en anglais, il a fait appel à un∙e mentor∙e, qui lui a été d’une grande aide. Sa mentore était basée à Londres, œuvrant dans un tout autre domaine que le sien car elle était avocate. Grâce à un suivi de trois mois, il a fait de grands progrès.
Un des critères de réussite essentiels est que ce ne soit pas sa∙son responsable qui soit la∙le mentor∙e, et cela pour deux raisons : de cette façon, la∙le mentoré∙e découvre d’autres métiers et la∙le mentor∙e n’a pas de jugement de valeur sur le travail et les progrès de la personne mentorée. Le contenu de la relation de mentorat reste donc très confidentiel. Le mentorat est cadré par certaines règles qui sont rappelées dès le début de la relation, et il y a bien entendu la possibilité de changer de mentor∙e ou de mentoré∙e en cas d’insatisfaction. En fonction des besoins exprimés, le collaborateur ou la collaboratrice peut bénéficier de l’accompagnement de plusieurs mentor∙e∙s, issu∙e∙s de différents domaines. Le but ultime de ce programme est de donner la possibilité aux employé∙e∙s d’occuper des postes plus élevés ou de changer de département grâce aux ressources internes, et de garder les talents au sein de l’entreprise grâce à la transmission de connaissances.
Aujourd’hui promu à un poste plus proche de la direction, M. Eftekhari se réjouit de bénéficier à nouveau du mentorat pour développer ses compétences en prise de parole.
A l’issue de ces témoignages, un riche débat fait émerger de nouvelles perspectives de développement. Le Café-Contacts conférences a ainsi permis à des acteurs et actrices de l’insertion professionnelle, des représentant∙e∙s du monde du travail et toute personne intéressée par le mentorat de bénéficier de l’expérience de la Fondation Qualife sur ce sujet et d’échanger sur les opportunités d’un tel programme dans leur organisation.
Consulter le guide du mentorat

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